Autour d’Auch, l’agriculture, le circuit court et l’agroalimentaire concentrent les recrutements. Ouvrier agricole, salarié viticole, employé de conserverie, maraîcher en vente directe : le Gers, département rural par excellence, cherche des bras toute l’année, et surtout pendant les pics de récolte et de gavage.
Un bassin où l’agriculture pèse un emploi sur huit
Le Gers est l’un des départements les plus agricoles de France. Selon le Département du Gers, près de 12 % des emplois y sont directement liés à l’agriculture, contre 2,4 % à l’échelle nationale. Cette densité change la donne pour qui cherche un poste dans le secteur : la demande de main-d’oeuvre existe à quelques kilomètres d’Auch, pas seulement dans les grands bassins de production.
Le territoire vit de ses terres. Toujours d’après le Département du Gers, la surface agricole couvre 447 500 hectares, soit 71,5 % de la superficie du département. Ces terres nourrissent des filières variées qui recrutent chacune à leur rythme.
Le Gers occupe même la première place française pour le tournesol (75 000 hectares) et le soja (10 500 hectares), et la deuxième pour le canard gras, avec 4,5 millions de têtes produites chaque année. À cela s’ajoutent les céréales, l’élevage bovin, l’ail, le melon, la noisette, et une viticulture réputée autour de l’Armagnac et du Floc de Gascogne. Chaque production porte ses propres métiers.
Cette mosaïque de filières étale les besoins sur l’année. L’ail du Gers et le melon mobilisent des saisonniers l’été, la noisette et les céréales à l’automne, l’élevage de volailles et de bovins réclame une présence toute l’année. Un candidat mobile enchaîne plusieurs contrats sur douze mois, en passant d’une production à l’autre selon le calendrier des récoltes. Cette souplesse fait du Gers un terrain d’entrée intéressant pour qui découvre le secteur agricole.

Les métiers agricoles qui recrutent autour d’Auch
La production primaire reste le premier employeur de terrain. L’ouvrier agricole polyvalent conduit les engins, surveille les cultures et participe aux récoltes. Le technicien agricole, lui, appuie les exploitants sur la conduite des parcelles, la fertilisation ou le suivi sanitaire des troupeaux.
France Travail, dans son enquête Besoins en main-d’oeuvre 2025, place les agriculteurs salariés parmi les métiers les plus recherchés du pays, avec près de 92 900 projets de recrutement, et les viticulteurs et arboriculteurs salariés avec 86 300 projets. La grande majorité de ces postes sont saisonniers, calés sur les cycles de production.
Autour d’Auch, cinq profils reviennent le plus souvent dans les offres :
- Ouvrier agricole polyvalent, en grandes cultures et élevage, à l’année comme en saison
- Saisonnier de récolte, pour les vendanges, l’ail, le melon et le gavage d’automne
- Salarié viticole, pour la taille, les travaux en vert et les vendanges de l’Armagnac
- Employé agroalimentaire, en conditionnement, conserverie et découpe de volaille
- Maraîcher et vendeur en vente directe, pour la culture et la commercialisation de proximité
Pour repérer les postes ouverts dans le bassin d’Auch, les canaux locaux restent les plus efficaces. Les coopératives affichent leurs offres en direct, les agences d’intérim spécialisées couvrent les pics saisonniers, et cette plateforme de recrutement regroupe les annonces d’emploi d’Auch et de sa périphérie gersoise.
Ouvrier et saisonnier agricole
Les saisonniers agricoles représentent le gros des flux d’embauche. Vendanges, récolte du melon et de l’ail du Gers, cueillette, gavage des canards à l’automne : chaque saison ouvre une fenêtre de recrutement. Ces contrats courts conviennent aux étudiants, aux personnes en reconversion ou à qui veut tester le secteur avant de s’engager.
La difficulté n’est pas de trouver un poste, mais de fidéliser. France Travail note dans la même enquête 2025 que 36 % des employeurs agricoles anticipent des difficultés de recrutement liées à leurs moyens financiers, contre 18 % en 2024. Autrement dit, les bras manquent, et le candidat sérieux garde une bonne carte en main.
Côté compétences, quelques atouts font la différence. Le permis B ouvre la mobilité entre exploitations dispersées, la conduite d’engins agricoles rassure l’employeur, et une première expérience de récolte suffit souvent à décrocher un renouvellement. La pénibilité reste réelle, mais les horaires décalés se négocient et les paniers repas complètent fréquemment la rémunération.
Salarié viticole et Armagnac
La viticulture gersoise emploie à l’année et en saison. Taille en hiver, travaux en vert au printemps, vendanges à l’automne : le calendrier viticole rythme des embauches régulières autour de l’Armagnac, du Floc de Gascogne et des Côtes de Gascogne. Le recensement agricole 2020 d’Agreste comptabilise, au niveau national, 102 600 équivalents temps plein permanents et 21 500 saisonniers dans les exploitations viticoles, preuve du poids de la filière en emploi.
L’agroalimentaire, gros pourvoyeur de postes permanents
Là où la production primaire recrute surtout en saison, la transformation offre davantage de contrats stables. Le Gers transforme sur place une part de sa production : conserveries de foie gras, ateliers de découpe de volaille, moulins, caves et unités de conditionnement. Ces métiers de l’agroalimentaire embauchent des opérateurs de production, des conducteurs de ligne, des agents de conditionnement et des qualiticiens.

Les coopératives qui embauchent
Le tissu coopératif structure l’emploi salarié du département. Le groupe Vivadour, dont le siège se trouve à Riscle dans le Gers, réunit selon ses chiffres 4 600 agriculteurs et plus de 1 000 salariés, organisés autour de six filières : grain et agrofourniture, productions animales, semences, viticulture et distribution grand public. Ce type de structure recrute aussi bien des profils techniques que logistiques ou commerciaux.
Le Sud-Ouest compte d’autres groupes présents dans le bassin, à l’image de Maïsadour et de ses quelque 4 300 salariés répartis entre semences, gastronomie, volaille et agriculture. Ces employeurs proposent des parcours d’évolution rares dans la production primaire, avec des postes à l’année et des perspectives de formation interne.
Métiers de la transformation
Sur les lignes de production, les besoins portent sur la polyvalence et le respect des règles d’hygiène. Un agent de conditionnement, un opérateur de conserverie ou un préparateur de commandes n’a pas besoin d’un diplôme agricole pour démarrer : la formation se fait souvent au poste. Les périodes de forte activité, autour des fêtes de fin d’année pour le foie gras notamment, déclenchent des vagues d’embauche saisonnière qui débouchent parfois sur un contrat durable.
Au-delà de la ligne, l’agroalimentaire fait vivre des métiers moins visibles mais tout aussi demandés. La maintenance industrielle entretient les machines, la logistique gère l’expédition, le contrôle qualité veille au respect des normes sanitaires. Ces fonctions offrent des perspectives d’évolution et des salaires plus stables que la production primaire, tout en restant ancrées dans le terroir gersois. Un opérateur motivé progresse vers un poste de conducteur de ligne, puis de chef d’équipe, en quelques années.
Circuit court et maraîchage : des métiers qui se créent
À côté des grands employeurs, une autre dynamique se joue à l’échelle de l’exploitation. Le circuit court fait naître des postes et des installations, portés par la demande de produits locaux. Vendeur en vente directe, animateur de marché de producteurs, préparateur de paniers, salarié de micro-ferme : ces métiers se multiplient à mesure que les fermes se lancent dans la vente sans intermédiaire. Notre panorama du circuit court alimentaire resitue ces débouchés dans la chaîne du champ à l’assiette.
Le maraîchage illustre le mouvement. Le recensement agricole 2020 d’Agreste indique que six maraîchers sur dix vendent en circuit court au niveau national, un modèle qui exige de la main-d’oeuvre pour la culture comme pour la commercialisation. Autour d’Auch, les marchés de plein vent et les drives fermiers créent un besoin régulier de vendeurs et de saisonniers de cueillette. Pour comprendre ce débouché, notre guide sur le maraîchage en vente directe détaille les canaux et les surfaces nécessaires.

L’installation attire aussi des porteurs de projet en reconversion. Reprendre une ferme, créer une activité de transformation ou lancer une exploitation en agroécologie ouvre des perspectives d’emploi indépendant. Nos repères sur la vente directe à la ferme et sur les principes de l’agroécologie donnent une idée des compétences attendues avant de se lancer.
Se former aux métiers agricoles à Auch
Le bassin dispose d’un pôle de formation reconnu. Le lycée et CFA agricole d’Auch Beaulieu-Lavacant, réparti entre le site de Beaulieu à Auch et celui de Lavacant à Pavie, forme de la classe de quatrième jusqu’au niveau Bac+3. Selon l’établissement, ses parcours se suivent en voie scolaire ou en apprentissage, avec des diplômes certifiés Qualiopi couvrant l’agriculture, l’agroalimentaire, les services et l’animation des territoires.

L’apprentissage a un double avantage : le jeune se forme et travaille dans une exploitation ou une coopérative, tout en étant rémunéré. Ce format colle aux besoins d’un secteur qui peine à recruter et cherche à transmettre son savoir-faire.
Les diplômes ouvrent des portes différentes selon le niveau visé. Un CAP agricole ou un Bac professionnel conduit vers les postes de terrain, ouvrier qualifié ou salarié d’élevage. Le BTSA vise l’encadrement, le conseil technique ou la gestion d’exploitation. Ceux qui préfèrent la transformation trouvent des cursus dédiés à l’agroalimentaire, débouché majeur du bassin gersois. La proximité entre l’école, les fermes et les coopératives raccourcit le chemin vers le premier emploi.
Pour une reconversion, le BPREA (Brevet professionnel Responsable d’entreprise agricole) reste la porte d’entrée vers l’installation. Ce diplôme de niveau Bac prépare à conduire une exploitation, de la gestion technique au pilotage économique. La Chambre d’agriculture du Gers accompagne ensuite les candidats à l’installation, dans un département où la transmission devient un enjeu majeur.
La relève inquiète, d’ailleurs. Le Département du Gers alerte sur une transmission fragile : deux reprises seulement pour dix départs à la retraite, et un recul de 14,5 % du nombre d’exploitations entre 2010 et 2020. Chaque ferme qui cherche un repreneur est une opportunité pour qui veut entrer dans le métier.
Par où commencer sa recherche
Le marché de l’emploi agricole gersois récompense la méthode. Trois réflexes accélèrent la recherche autour d’Auch :
- Cibler la saison : postuler avant les vendanges de septembre ou avant le gavage d’automne, quand les besoins montent.
- Frapper aux bonnes portes : coopératives, conserveries et maraîchers locaux publient souvent leurs offres en direct.
- Se former en parallèle : un contrat saisonnier plus une formation courte ouvre la voie vers un poste permanent.
Prochaine étape : lister trois employeurs du bassin, identifier la prochaine saison de recrutement, et préparer une candidature avant le pic. Les postes agricoles se pourvoient vite quand la récolte approche.
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